L’expertise de Cyril Besse : les 4 défis de l’après crise pour les retailers

Chaque week-end, L’hebdo des PME, le rendez-vous des Petites et Moyennes Entreprises. Jeanne Baron reçoit des patrons et fondateurs d’entreprises qui se démarquent dans leur secteur, suivi de l’intervention d’un expert dans son domaine. Dans ce numéro, Cyril Besse s’est penché sur les 4 enjeux majeurs à considérer pour pouvoir rebondir économiquement après la crise du COVID-19.

L’émission a été diffusée sur BFM Business (20 & 21 juin 2020), la 1ère chaîne française d’information économique et financière en continu.

Au sortir de cette crise sanitaire sans précédent, nombres de commerces sont en grandes difficultés. Pour faire face à cette situation, ils vont devoir relever 4 grands défis :

1. Trésorerie

Un certain nombre d’enseignes, comme Naf-Naf, Camaïeu ou Alinéa, ont déposé le bilan, ainsi que beaucoup de commerces de proximité indépendant dont on parle très peu, voire pas du tout. D’autres acteurs, tel que Conforama, sont en grandes difficultés. En plus du poids représenté par des stocks qui débordent, ces acteurs ont tous un autre point commun : leur défaut de trésorerie, provoqué par un arrêt très brutal des ventes sur le réseau de magasins physiques, sans compter que cette situation met inévitablement en péril leurs fournisseurs pour la même raison. Dans ce contexte, peu importe la stratégie à 3 ans, il sera toujours temps de s’y atteler lorsque cette période d’incertitude forte sera derrière nous, l’urgence sur laquelle ils doivent se focaliser, c’est de reconstituer leur trésorerie le plus rapidement possible pour survivre et retrouver une capacité d’investissement. Pour cela, un seul mot d’ordre : Vendre, vendre pour écouler les stocks, vendre pour faire rentrer de l’argent dans les caisses, vendre pour rebondir le plus vite possible, et s’inscrire de nouveau sur une trajectoire de croissance rentable.

 

2. Omnicanal & Commerce unifié

Les acteurs qui ont le mieux résisté à la crise sont ceux qui étaient forts sur l’e-Commerce, et l’augmentation significative de la pénétration du e-Commerce que l’on a constaté devrait perdurer (ventes en augmentation d’environ 40% sur l’alimentaire et d’environ 20% sur le non-alimentaire). Ainsi, fort de ce constat, un groupe comme Inditex (maison mère de Zara notamment) a indiqué qu’il allait fermer 1200 magasins dans le monde pour se focaliser sur l’e-Commerce et les Flagships de centre-ville. Indéniablement, la crise va accélérer la transformation digitale des enseignes, notamment pour mieux accompagner voire repenser le parcours client avec la persistance des gestes barrières, mais également pour accélérer le déploiement d’un modèle de commerce unifié. D’ailleurs, pour faire face à la crise et à l’impact du confinement, certains retailers ont dû déployer en urgence de nouveaux modèles comme le Click& Collect sans contact ou la livraison à domicile sans contact, modèles qu’il va maintenant falloir industrialiser et rentabiliser. Pour finir, les collectivités locales et territoriales, ainsi que les Chambres de Commerce et d’Industrie, ont indubitablement un rôle à jouer dans la digitalisation des commerces de proximité, qui n’ont pas la capacité de se projeter seul sur l’e-Commerce et la digitalisation. Ainsi, certaines villes comme Angers ou Nice ont d’ores et déjà déployer des marketplaces locales durant la crise, permettant aux commerçants de vendre leurs produits sur internet.

 

3. Responsabilité

La crise a exacerbé la sensibilité des consommateurs face au développement durable. Même si cette tendance existait déjà avant la crise, la responsabilité sociétale et environnementale des marques va devenir plus que jamais un vecteur d’attractivité, de vente et de fidélisation vis-à-vis des consommateurs. D’après une étude sur les marques responsables qu’Univers Retail a mené en partenariat avec LSA auprès de 5000 personnes, 60% considèrent d’ailleurs que les marques ne s’engagent pas suffisamment sur les critères économiques, sociaux et environnementaux. Cette étude démontre que certes, les marques ont commencé à s’inscrire dans cette démarche, mais que le chemin à parcourir reste encore très long pour informer et rassurer des consommateurs de plus en plus exigeants et attentifs à ce sujet de société.

 

4. Supply Chain

La Supply Chain est probablement un défi moins visible que les précédents mais pour autant indispensable pour relever ces 3 premiers défis. En effet, quand on parle de ventes, on parle de maîtrise des stocks et de disponibilité produit, quand on parle d’Omnicanal ou de Commerce unifié, on parle de promesse client et de rentabilité du/des modèle(s), quand on parle d’éco-responsabilité, on parle de traçabilité, de relocalisation de la production, …. La Supply Chain apporte une contribution indispensable afin de répondre à l’ensemble de ces enjeux devenus de plus en plus prégnants concernant la performance commerciale et financière des enseignes.